Expositions & Curations

Lost and found #2 – exposition collective

DOC – Paris / décembre 2024

Curator : Philippe Marcus et Lucas Lam Tanh

Artistes : Örs Bamatz, Mélanie Bayle, Dorine Bernard, Jeannie Brie, Bruna Costa Pessoa, Josepha Costelloe, Romain Darnaud, Stéphane Fromm, Anna Giner, Maria Ibanez Lago, Philippe Marcus, Sara Noun, Camille Paillou, Maria Paz Sobrado, Constanza Piaggio, Manon Pretto, Romain Sein, Alicia Zaton et Misha Zavalnyi

Crédits photographiques : Romain Darnaud

  1. Vue d’ensemble de l’exposition
  2. Vue d’ensemble de l’exposition
  3. idem
  4. idem
  5. idem
  6. idem
  7. Rouleau des fleurs – 2024 – Estampe (tirage unique ) 21 x 297 cm – Dispositif de monstration en bois et verre
  8. Idem
  9. Objets déposés par les visiteurs
  10. idem

Lost and found #2

Autrefois, dans un appartement trop petit pour trois personnes, il y avait un pot en verre. Surement un ancien pot de compote, je crois, dont l’étiquette de son ancien usage se détachait vaguement.

Dans ce pot, toute la famille avait pris l’habitude de déposer quelques objets, d’apparence insignifiante. Ces objets, de petites tailles, étaient trouvés, ou plutôt retrouvés, au hasard des rues, au détour d’un chemin. Ils étaient le fruit d’une attention particulière portée sur un monde en ébullition. Une disposition d’esprit unique leur faisaient recouvrir une importance perdue.

Ces objets étaient le plus souvent des jouets d’enfants mais pas seulement puisque s’accumulaient également bijoux dépareillés et notes manuscrites. Toutes ces choses devenaient, du jour où elles atterrissaient négligemment dans le pot, porteuses de deux histoires. La leur, propre, celle d’avant la rencontre et celle du glaneur, qui avec lui charriait le lieu ou la situation qui avait vu la redécouverte de l’objet.

C’est ainsi que le pot en verre finit par contenir une multiplicité d’histoires. Celui-ci, avec le temps, se remplit à ras bord laissant voir, en transparence, pêle-mêle, les jambes d’une figurine, un porte-clé en forme de coeur, une bille ou un bracelet contre le mauvais oeil.

Parfois même, les amis de la famille, habitués de cette coutume, venaient y rajouter leur trouvaille personnelle. Ce pot était devenu le lieu des croisements, un espace libre dans lequel les choses s’animaient d’un souffle particulier, celui de la vie.

Ce chaos miniature, aux innombrables formes et couleurs, trouvait son propre équilibre visuel dans la sérendipité qui l’avait construit jour après jour, loin de toute pensée brutale. C’est donc dans cette logique de laisser faire que s’est organisé l’exposition Lost and found # 2 , à la manière d’un pot en verre dans lequel chacun des artistes aurait déposé quelque chose de son histoire pour qu’elle se recoupe en toute liberté, au hasard des coïncidences, avec celles des autres, cristallisant l’espace de quelques trop furtifs instants une pensée commune, mais multiple, des artistes.

Philippe Marcus, décembre 2024


Présentées au public sans artifice, à la façon d’objets trouvés ou plutôt retrouvés, les œuvres actuellement exposées s’apparentent au résultat d’une fouille frénétique, aux archives d’un temps, qui n’est déjà plus. Mais qui dans le regard du visiteur se ravivera et deviendra de nouveau.

Les œuvres aujourd’hui exposées sont notre future empreinte, elles seront parfois oubliées ou perdues, mais, le moment venu, une fois redécouvertes et libres de toute influence, ces œuvres nous révéleront de nouveau leur essence. Ce pouvoir, insufflé par les artistes à leurs œuvres, qui encourage vers la création de nouveaux rêves. Cela est seulement réalisable par cette symbiose existante et immuable entre l’artiste, sa création et la perception du public averti ou non.

Chaque partie évolue grâce à l’autre et ne pourrait être ou devenir sans ces dialogues, tantôt âpres, tantôt opposés ou aux contraires synergiques, une chose est certaine, ces échanges ne nous laissent jamais indifférents.

L’exposition Lost and found #2 nous invite à adopter ce regard vierge d’à priori auprès des œuvres de ces dix-neuf artistes. Cette scénographie incite à projeter notre imaginaire et notre réflexion au sein de ces créations, à avoir une approche initiatique ; curieuse et sans peur.

Lucas Lam-Thanh


Vue de mon exposition personnelle l’échapée belle , Show Room Jacques Bivouac à Grabels.

  1. Série Hyperforme(s) – impressions sur papier – 21 x 29,7 cm – tirage unique
  2. Vue d’ensemble avec « Page 9 » et la série Hyperforme(s)
  3. Strip koloryama – impression sur papier – 42 x 59, 4 cm – tirage unique
  4. Vue d’ensemble avec les séries 36 vues de mon impermanence et ex. fig. anatomica
  5. 15086 – encre sur papier – 150 x 86 cm
  6. Carnation vinylique – impression contrecollée sur forex – 31 x 31 cm – tirage unique
  7. Ollie spirit – technique mixte – 101 x 27 x 12 cm

Crédits photographique : Elise Ortiou Campion


A l’épreuve du dessin, 2024 – exposition collective – Atelier OBLIK – Clichy

Crédits photographiques : Romain Darnaud

Curator : Philippe Marcus

Artistes : Thomas Perino – Romain Sein – Philippe Marcus

  1. vue d’ensemble avec Le détail et l’apparat et la série Portrait séquence de Jack Durden de Philippe Marcus
  2. Le détail et l’apparat de Philippe Marcus
  3. Détail de l’installation Le détail et l’apparat de Philippe Marcus
  4. Vue de la série Portrait séquence de Jack Durden de Philippe Marcus
  5. Vue d’ensemble série les Hobbies de Romain sein
  6. Vue d’ensemble série les Hobbies de Romain Sein
  7. Ensemble de gravures de Thomas Perino
  8. La noyée gravure de Thomas Perino

A l’épreuve du dessin

Représentation ou suggestion des objets sur une surface, à l’aide de moyens graphiques. Telle est la définition du dessin, ensemble de traces sur un support menant à l’émergence d’un sujet, d’un message, d’une histoire. Populaire et ancré dans un imaginaire collectif, le dessin est un outil de mémoire, une impression de nos réflexions, une alternative spontanée à l’écriture. Or le dessin ne se borne plus seulement à la feuille et au crayon, il s’est étendu au-delà de ces frontières et a permis aux artistes de transcender ce médium, et ainsi, développer un panel de possibilités presque infinies.

Au cours d’une existence nous recherchons ce qui nous manque, ou plutôt ce qui nous complète, telles les androgynes de Platon, qui séparés par Zeus sont condamnés à partir en quête de leur moitié pour l’éternité.
Évidemment, nous recherchons cette âme-sœur, mais également toute chose pouvant nous faire du bien, nous faire grandir et évoluer. Cela passe par les rencontres, les souvenirs, les traces de ces passages et histoires éphémères. Ces événements nous semblent palpables et toujours réels. Néanmoins nous nous retrouvons aujourd’hui face également au virtuel et à une distance entre chaque individu malgré cette connexion permanente au monde réel comme imaginaire. De cet état nous en avons tiré de nouvelles manières de rêver et de grandir.
Ces expériences sont les traces et empreintes, qui viendront noircir la feuille blanche qu’est notre
être, afin de nous dessiner et de faire émerger notre soi.

A l’épreuve du dessin nous donne à voir un trio d’artistes : Philippe Marcus, Thomas Perino et
Romain Sein, abordant d’une manière hétérogène la pratique du dessin et ce qui en émerge, tout
en brisant les codes de ce dernier.

Philippe Marcus à travers son installation, nous ramène à cette idée de fragment constituant un ensemble. Le détail qui donne une singularité à un objet ou un être est ici présenté sous forme
d’une métaphore physique, permettant une introspection du regardeur. L’artiste nous convoque à
entrer dans son intime et avec lui, à rêver de cette partie manquante, à retrouver ou à chérir parmi
cette grande mosaïque qu’est l’esprit.

Les gravures de Thomas Perino font émerger des formes et sujets à priori abstraits, mais qui se
rapporte davantage à des ombres. Éclairés par des flammes, les ombres déformées des sujets
viennent se déposer sur la feuille, pour ensuite venir se graver dans notre mémoire.
L’artiste vient-il à travers ces créations questionner notre vision tronquée du réel ou au contraire
est-ce une affirmation de l’imperfection de l’existence ?

Les dessins de Romain Sein nous ramènent à cette idée d’empreintes que les expériences au
cours de notre vie déposent sur notre chemin, et qui, par accumulation, viennent construire cette
route que nous nous efforçons de suivre.

Lucas Lam-Thanh


Lost and found, 2024 – exposition collective – les jeudi du 44 – Paris

Crédits photographiques : Misha Zavalnyi

Curation : Philippe Marcus

Artistes : Stéphane Fromm – Ninon Hivert – Maria Ibanez Lago – Romain Le Badezet – Philippe Marcus – Constanza Piaggio – Manon Pretto – Romain Sein – Alicia Zaton – Misha Zavalnyi

  1. Vue d’ensemble de l’exposition
  2. Le rapport perspectif – acrylique sur papier, verre et photographie (©Romain Darnaud) de la peinture murale correspondante
  3. Constanza Piaagio
  4. Alicia Zaton
  5. Manon Pretto
  6. Ninon Hivert
  7. Stéphane Fromm
  8. Romain le Badezet
  9. Maria Ibanez Lago
  10. Misha Zavalnyi

Lost and found

Quelque part au 44 de la rue Volta, des œuvres posées presqu’arbitrairement sur des planches, à peine scénographiées. Livrées à elle-même, elles se trouvent abandonnées à la bienveillance du regard des spectateurs qui les croisent et les réaniment dans la complexité de leurs souvenirs perdus.

Déployant, s’il eût fallu, la preuve que le travail des artistes existe à la fois pour lui-même et dans un dialogue dynamique avec son environnement. L’ «oeuvre» est constamment reformulée par une époque, jamais figée dans un discours commissionné.

Alors les propositions multiples des artistes se retrouvent ici, dénudées, sans le couvert d’une thématique commune, mais simplement dans la matérialité sentimentale incontestable qui les caractérise.

Philippe Marcus, mai 2024


Plans de travail, 2024 – Ergastule – Nancy

Crédits photographiques : Julie Freichel

Curation : Ergastule

Artistes : Ninon Hivert et Philippe Marcus

Plans de travail

L’exposition présente des œuvres personnelles de Ninon Hivert et Philippe Marcus aux côtés de leurs multiples produits en résidence, comme une succession de vues en reflet les unes avec les autres. Bien que leurs problématiques esthétiques paraissent différer, on leur attribuera en commun l’attrait pour les « surfaces pensantes ». Pour Ninon Hivert, textiles et objets habités malgré un état certain d’abandon ou d’attente ; pour Philippe Marcus, motifs et fragments du réel qu’il nomme « thèmes », repérés comme archétypiques et surgissant de manière récurrente sur un temps de recherche.

Les deux artistes quêtent en effet tous deux leurs modèles dans le vif : qu’ils apparaissent en milieu urbain ou qu’ils soient saisis dans le proche environnement de vie, leurs sujets sont avant tout l’expérience d’une occurence. L’apparence, état mouvant et non stable que rejette toute pensée cartésienne, est ici le cœur de la réflexion : loin de n’être qu’une simple surface traitée plastiquement, elle devient le lieu d’une écriture, qu’elle soit graphique, photographique ou sculpturale. La surface du réel ici n’est pas douteuse, elle est le lieu de l’expérience de l’instant, d’une présence singulière et poétique.

Emma Perrochon