Vermeer was a window breaker, 2023
Acrylique sur mur et cache prise en toile sur châssis véritable.
Dimensions variables
Œuvre éphémère réalisée à Ergastule, Nancy pour l’exposition Plan de Travail qui clôturait la résidence multiple écho.
Crédit Photographique : Julie Freichel
L’œuvre, comme d’autres dans mon travail, est le fruit d’une réflexion autour de l’architecture et de ma pratique de la peinture murale in situ. Les locaux, ayant accueilli ce projet sont très atypiques, et la prédominance des fenêtres dans l’espace d’exposition m’est apparu comme une donnée capitale à prendre en compte pour la réalisation de la pièce. D’autant que les cadres de ces fenêtres présentent une trame forte, un quadrillage omniprésent. Celui-ci est visible sur le bord gauche, et en haut de la photo présentant l’œuvre. Il est intéressant de penser que ces fenêtres renvoient tout à la fois à l’évasion et à l’enfermement.
Au delà de la connivence architecturale, j’ai donc souhaité créer un dialogue avec cet espace, en l’inscrivant dans l’histoire de l’art, en convoquant une filiation avec les intérieurs flamands et plus particulièrement ceux de Vermeer qui procédaient souvent d’une même composition, dans la- quelle une fenêtre située dans l’angle supérieur gauche berçait une pièce de lumière.
Pour mieux intégrer ma composition dans le lieu, j’ai recréé en négatif la trame d’un quadrillage dans le plan même de la peinture pour signifier cette fenêtre mentale, par laquelle on observe l’extérieur. Je suis venu y peindre un espace coloré et mouvant à la fois carte et paysage, seconde référence à Vermeer qui souvent utilisait la carte. Certains « carreaux » demeurés silencieux sous-entendent une disparation possible du sujet même de la peinture.
Enfin, pour masquer la prise située en bas à droite du mur j’ai construit une toile sur châssis véritable qui est le seul élément pérenne de l’œuvre.



